Le feuilleton motion de défiance contre le gouverneur Bakomito, loin d’être clos, continue plutôt d’alimenter le débat au sein de la classe politique du Haut-Uele. Une autre voix discordante à la démarche des élus, est celle de Didier Kparagume, conseiller spécial du gouverneur en matière de sécurité, politique et stratégies.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 04 décembre à Isiro, le collaborateur de Jean Bakomito, d’un ton ferme ne cautionne pas l’initiative parlementaire, soulignant l’inopportunité au regard du moratoire dicté par Kinshasa pour favoriser la stabilité inter institutionnelle, en cette période de crise sécuritaire persistante dans la partie orientale du pays. Toutefois, notre source reconnaît un exercice parlementaire  constitutionnel, mais voilé par une ambiguïté autour des ambitions malveillantes et égoïstes.

«On ne refuse pas qu’il y ait des accusations. Mais de ce côté-là, nos députés ont tapé un peu à côté. Ce ne sont pas des députés de l’opposition mais de la majorité. C’est une honte pour notre province. Soit on connaît faire de la politique, soit on ne le connait pas. On ne peut pas être d’une même famille politique et bafouer les directives de l’autorité morale. D’ailleurs, cette initiative viole intentionnellement certaines dispositions de leur règlement intérieur, qui stipulent que la session de septembre est exclusivement budgétaire », a-t-il dénoncé avec la plus grande fermeté.

Didier Kparagume, dans une posture de pleine sérénité, affirme que l’exécutif reste inébranlable et prêt à répondre aux préoccupations des élus en quête de l’intérêt général. Par ailleurs, il attribue cette démarche à un combat de leadership, fomenté par des officines bien identifiées, incertaines pour leur avenir politique face au dynamisme et aux actions palpables de l’actuel gouvernement.

«Nous du gouvernement n’avons pas peur puisqu’il s’agit d’une démarche démocratique. Ce n’est pas nous qui avons fermé l’assemblée provinciale. Néanmoins, la lutte actuelle est motivée par la peur du lendemain politique de certains qui n’auraient peut-être plus de discours à présenter au peuple. Leur tour viendra, le gouverneur Bakomito n’est pas éternel», a-t-il lancé avec certitude.

Il appelle la population à soutenir le gouverneur pour matérialiser sa vision pour le développement du Haut-Uele, et la classe politique à l’apaisement. Rebondissant sur la mission de la commission d’enquête, le conseiller du gouverneur dénonce une équipe budgétivore et avide. «Certes, on peut avoir des besoins, équilibrons-les, mais privilégions plutôt le Haut-Uele. S’ils ont vraiment le souci de la population, pourquoi ils ont perçu 100 000 dollars pour une simple mission d’enquête, ce qui représente aujourdui 4 kilomètres de route à terre battue. Ne nous voilons pas la face. De ce groupe des 4, personne n’est mieux placé pour nous faire la morale. Soyons apaisés et travaillons pour le peuple», a ajouté M. Kparagume.

Notons que Didier Kparagume s’est exprimé au nom du devoir de redevabilité pour l’engagement de servir la population. Dans sa communication axée sur la situation sociopolitique du pays et de la province, M. Didier a salué la victoire diplomatique du président Tshisekedi, ayant abouti à la signature de l’accord de Washington avec son homologue rwandais Paul Kagame, sous la médiation américaine, menant ainsi au bout du tunnel de l’insécurité dans l’est du pays.

Joël Lembakasi.