
À quelques heures du vote de la motion de défiance visant le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, le climat politique s’est fortement tendu dans la province. Ce jeudi 27 novembre, la section de Watsa du parti Action pour le Renouveau et le Développement du Congo (ARDC), conjointement avec les forces vives locales, a rendu publique une déclaration s’opposant catégoriquement à cette initiative jugée « inopportune » et « dangereuse » dans le contexte actuel.
La motion de défiance, portée par quatre députés provinciaux, accuse le gouverneur Bakomito de mauvaise gestion. Mais pour l’ARDC/Watsa, cette action intervient en violation du moratoire décrété par le ministre national de l’Intérieur, suspendant temporairement toutes les motions de défiance dans les provinces. Ce moratoire avait été instauré dans un contexte d’instabilité nationale, marqué par l’agression de la République démocratique du Congo par le Rwanda à travers le mouvement rebelle M23.
L’ARDC estime que les élus initiateurs de la motion agissent en « contradiction flagrante » avec cette instruction nationale, mettant en péril l’unité institutionnelle et la cohésion provinciale. La déclaration va jusqu’à qualifier cette démarche de « rébellion contre l’autorité de l’État », une attitude qui, selon le parti, risque d’encourager la confusion et la fragilisation des institutions dans une période où le pays a besoin d’harmonie et de stabilité.
Le parti politique soutient également que cette motion risque de freiner, voire de compromettre les projets en cours dans la province du Haut-Uele. Plusieurs chantiers de développement et programmes d’investissement initiés sous la gouvernance de Jean Bakomito seraient susceptibles de connaître un arrêt ou une forte perturbation si la crise politique s’intensifie.
Selon l’ARDC, les motivations réelles derrière cette initiative seraient davantage liées à des « intérêts individuels » qu’à une volonté sincère d’améliorer la gestion de la province. Le parti met en garde contre une instrumentalisation des institutions provinciales au détriment des priorités de la population.
Dans son communiqué, l’ARDC/Watsa s’adresse directement à l’un des signataires de la motion, le député provincial élu de Watsa, Bismic Boele. Celui-ci est sommé de retirer « immédiatement et sans condition » sa signature, considérée comme un acte allant à l’encontre des aspirations de sa base électorale.
Le parti appelle également l’ensemble des députés provinciaux à la « responsabilité politique » et à ne pas valider une démarche qu’il juge contraire à l’intérêt général. L’ARDC encourage les élus à privilégier l’unité, la stabilité et la continuité des actions de développement.
L’examen et le vote de la motion de défiance sont prévus ce vendredi à 10 heures à l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, à Isiro. Ce scrutin sera déterminant pour la suite de la gouvernance provinciale. Plusieurs observateurs s’attendent à une séance tendue, tant les positions semblent polarisées entre les partisans du gouverneur et les élus initiateurs de la motion.
Amisi Walum








