Dans une déclaration faite à la presse ce vendredi 21 novembre à Isiro, la synergie des sociétés civiles du territoire de Watsa dénonce la main noire du ministre provincial des infrastructures, travaux publics et reconstruction, santé publique et hygiène, Afounde Afongenda Sumbu, dans le conflit du pouvoir coutumier en secteur Mangbutu, territoire de Watsa.

Dans sa déclaration, la société civile s’appuie sur la présence de l’incriminé, en date du 07 novembre courant à Dubele, chef-lieu dudit secteur pour l’installation d’un nouveau chef de secteur, occasionnant des cas de blessures d’hommes, à l’issue des échauffourées ayant opposé les partisans du ministre et ceux du chef en exercice, Amuta Maramudhi Augustin.

La synergie condamne avec la plus grande fermeté cette ingérence, en violation flagrante des textes légaux qui encadrent le pouvoir coutumier en République Démocratique du Congo.  «Nous savons que monsieur Sumbu est ministre provincial des infrastructures, travaux publics, reconstruction, santé publique et hygiène. Nous nous posons la question de savoir en quelle qualité doit-il venir déchoir le chef de secteur pour installer celui de son choix ?», s’interroge-t-elle.

Dans ce même document, le ministre Afounde est pointé du doigt accusateur d’avoir alimenté la crise dans plusieurs autres entités décentralisées de cette partie du Haut-Uele. «Le ministre dont il est question ici n’est pas à son premier forfait de déstabilisation des chefs coutumiers. Il a commencé à la chefferie de Bari-Logo, puis à Mariminza pour chuter à Mangbutu. Il est le véritable instigateur du chaos qui régnait dans le groupement Bugutali. Il est caractérisé par un esprit de tribalisme en outrance», ajoute la synergie.

À l’origine de cette mésentente, poursuit la structure, le refus par le chef Amuta Maramudhi Augustin, d’obtempérer aux exigences du ministre, réclamant le versement mensuel dans son compte, de 20 % de la quotité assortie de la redevance minière de Kibali et le refus du chef d’adhérer dans son parti politique.

«Comment expliquer qu’un ministre provincial puisse se donner cette audace de se décider à votre place? Quelle disposition constitutionnelle donne à un ministre provincial  le pouvoir de décider sur le changement du chef de secteur ? C’est par cette occasion, que nous vous informons Excellence, que ce comportement qui caractérise certains hommes politiques du Haut-Uele, ternit l’image du chef de l’État», a-t-elle prévenu.

Craignant la dégénérescence de la  situation, l’organisation de la société civile appelle à l’intervention du vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières pour résoudre définitivement ce différend.  «C’est ainsi, Excellence, nous vous recommandons de vous impliquer personnellement dans ce dossier pour une paix durable dans le secteur Mangbutu, de sanctionner le commanditaire et auteur de cette barbarie pour donner leçon aux récalcitrants. La persistance de la crise risquerait d’augmenter le taux d’insécurité et du banditisme déjà criant à Watsa en particulier et sur l’ensemble du territoire national en général», a-t-elle exhorté.

Signalons que cette sortie médiatique de la synergie des sociétés civiles de Watsa intervient au lendemain de la mise en garde sévère du président de la commission consultative pour le règlement des conflits coutumiers (CCRCC), section du Haut-Uele contre toute ingérence politique dans les affaires coutumières. 

Joël Lemebakasi.