Le chef-lieu du secteur Mangbutu (Dubele) dans le territoire de Watsa a connu une vive tension pour la deuxième journée consécutive, ce vendredi 7 novembre. Un groupe de manifestants est descendu dans la rue pour réagir à une manifestation anti-chef du secteur organisée la veille par un autre groupe, qui accuse le chef sortant de manigancer pour changer le statut de leur entité en chefferie. Ce groupe hostile au chef Augustin Amuta tentait d’installer de force un certain Gédéon à sa place.

« Le véritable problème à Dubele réside dans la protestation des habitants contre l’installation d’un nouveau chef au sein du secteur Mangbutu. Cette décision n’a pas été bien accueillie par la majorité de la communauté, en particulier par les jeunes. La situation s’est tendue avec l’arrivée du ministre Sumbu sur le terrain. », explique Richard Bayo, l’un des manifestants.

Des acteurs de la société civile présents sur place déplorent la manière dont la procédure a été menée.

« Nous, en tant que société civile, avons été conviés, mais sur place, nous n’avons pas compris pourquoi l’ancien chef serait remplacé sans notification officielle, ni lettre de suspension ou blâme. Nous avons constaté que cette démarche relevait de manipulations internes visant à imposer des personnes proches de certains groupes. Il y a beaucoup de confusion dans le chef de certains Ministres : on ne peut pas comprendre qu’un ministre de infrastructures usurpe les fonctions de son collègue des affaires coutumières. Le gouverneur doit mettre terme à ce désordre » a expliqué Jean-Pierre Atsidri de la société civile de solidarité du peuple congolais.

Les manifestants pointent du doigt le ministre provincial des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), Afounde Afongenda Sumbu, dénonçant ce qu’ils qualifient de manipulation politique et de stratégie de division, tout en appelant au respect des lois.

« Nous condamnons fermement l’attitude du ministre Sumbu, qui a l’habitude de manipuler les jeunes à travers des discours tribalistes. Sa présence a failli engendrer des pertes humaines. Ses partisans ont échangé des jets de pierre, aggravant ainsi la situation à Dubele et causant beaucoup de blessés. Nous demandons le respect strict des lois en matière de recours et d’organisation des entités locales, » a déclaré Didier Angelo, leader des jeunes.

Contacté, le ministre Sumbu a qualifié ces accusations de fausses et sans fondement, tout en appelant la population au calme.

« Des tensions persistent à Dubele depuis plus de deux mois. J’ai pris connaissance des revendications de la population concernant la tentative de création d’une chefferie sans consultation. En tant qu’élu de Watsa et membre du gouvernement, je suis venu sur place pour apaiser la situation, non pour la provoquer, » a-t-il expliqué.

Il a également précisé que son intervention visait uniquement à calmer les esprits en attendant l’arrivée des autorités coutumières compétentes. « J’appelle la population de Dubele au calme. On ne peut pas se tuer au nom de Watsa. J’invite chacun à la retenue et au dialogue, » a-t-il conclu.

Blaise YIKIANDEMA