
(Note de l’éditeur : Cet article représente le point de vue de l’auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.)
Le débat général de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est ouvert au siège de l’ONU à New York le 23 septembre. Mais pendant ces débats intenses, des termes comme « divergence » et « différend » sont fréquemment apparus dans l’opinion publique. Dans son discours, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré sans détour que le multilatéralisme était « attaqué », soulignant que « la coopération internationale n’est pas naïve ». Derrière ces divergences se cache un déficit de gouvernance mondiale et l’urgente nécessité de réformer et d’améliorer cette gouvernance.
L’Initiative pour la gouvernance mondiale arrive donc à point nommé. Mise en avant lors du dernier sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) début septembre, elle repose sur plusieurs principes : respecter l’égalité souveraine, se conformer à l’état de droit international, pratiquer le multilatéralisme, adopter une approche centrée sur les personnes et se concentrer sur les actions concrètes. Comme l’a souligné le Premier ministre chinois Li Qiang lors du débat de haut niveau à l’ONU, cette initiative ouvre une voie importante vers un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable.
Lancée dans le sillage du 80ᵉ anniversaire de la création de l’ONU et de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Initiative pour la gouvernance mondiale se présente comme un symbole de promotion de la paix. Le monde reste marqué par des menaces multiformes, entre hégémonisme et repli sur soi, mais la paix demeure un idéal universel. Pour y parvenir, le premier principe insiste sur la souveraineté : chaque pays doit pouvoir s’autodéterminer et tracer sa propre voie, sans être soumis à une puissance quelconque. Dans cette dynamique, les pays du Sud global, longtemps marginalisés, devraient être davantage écoutés.
L’Initiative met aussi en avant la conformité à l’état de droit international. Or, le constat est amer : le Sud global est sous-représenté dans les instances internationales. L’Afrique, par exemple, ne compte aucun membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, alors que de nombreuses décisions qui y sont prises concernent directement le continent. Ces injustices doivent être corrigées pour rendre la gouvernance mondiale réellement équitable. De même, plusieurs économies émergentes, bien qu’importantes, restent défavorisées sur le marché international.
En outre, l’Initiative rappelle que la gouvernance mondiale doit s’appuyer sur un multilatéralisme authentique. Il s’agit de dépasser l’unilatéralisme et de privilégier la concertation. Aucune nation, grande ou petite, ne devrait subir le diktat des autres. Renforcer le rôle démocratique de l’ONU et associer davantage les organisations régionales et sous-régionales à la gouvernance internationale sont des pistes essentielles pour avancer dans ce sens.
Mais une gouvernance mondiale sans l’homme au centre perdrait toute légitimité. C’est pourquoi l’Initiative prône une approche centrée sur les personnes. Santé, éducation, alimentation et libre circulation doivent figurer parmi les priorités. Le bien-être des populations doit guider les décisions internationales, car on ne saurait parler de paix dans un monde où tant d’êtres humains n’ont pas accès aux soins, à une éducation de qualité ou à une vie digne.
Enfin, l’Initiative insiste sur la nécessité d’actions concrètes. Les discours ne suffisent plus. Face à des défis communs tels que le changement climatique ou les conflits meurtriers, il faut des solutions globales, solidaires et rapides. Renforcer les chaînes de solidarité entre nations est indispensable pour bâtir une véritable communauté de destin partagé.
En définitive, l’Initiative pour la gouvernance mondiale se veut un concept au service de l’humanité. Elle vise à rendre la coopération internationale plus efficace, inclusive et équitable. Les pays en développement doivent particulièrement s’approprier cette dynamique pour mieux se faire entendre. À l’occasion de ce 80ᵉ anniversaire de l’ONU, un changement de cap est nécessaire : privilégier des relations fondées sur le respect mutuel, l’inclusion et la solidarité. Chaque nation a un rôle à jouer dans le destin commun de l’humanité.






