L’insécurité urbaine refait surface avec une vitesse exponentielle dans la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele, au nord-est de la république démocratique du Congo. Le dernier cas en date parvenu à la rédaction de orientalinfo.net, remonte de la nuit de dimanche au lundi 26 janvier, ciblant le domicile de l’avocat Engassa Aimé-François au n°78, sur l’avenue Lola (1ere avenue) de la cellule Raquette, quartier Tely en commune Kupa.

Selon la victime, des bandits estimés à une dizaine, munis d’armes à feu ont envahi sa parcelle vers 1h00 et tenté d’opérer chez elle pendant plus de 30 minutes sans causer des dégâts, par miracle céleste qui l’a aidé à résister avec sa famille avant l’aide des voisins. Il explique : «J’ai été alerté après qu’ils aient cassé la porte de la maison et je suis sorti de la chambre pour les empêcher de pénétrer au salon en poussant avec force la porte. Mon épouse est venue m’appuyer et les enfants sont sortis au salon en criant. Pendant que nous criions, les enfants frappaient les casseroles, et l’une de mes voisines a appelé les gardes rapprochés du gouverneur qui n’ont pas tardé à venir et ces bandits sont partis».

Notre source ajoute que pendant que son couple résistait aux voleurs sur la porte cassée, que ces derniers poussaient aussi de l’extérieur durant plus de 30 minutes, d’autres se tenaient dans le parage pour intimider les voisins qui ne sont sortis qu’après l’arrivée des rapprochés du gouverneur, craignant pour leur propre sécurité en dépit des cris de la victime. Me Engassa fustige toutefois le retard dans l’intervention des équipes des patrouilles qui sont arrivées environ une heure après le départ de ces fugitifs nonobstant les multiples appels effectués sur le numéro vert de la police.

Pour votre gouverne, cet  auxiliaire de la justice est victime de ces hors-la-loi pour la deuxième fois consécutive en l’espace d’à peine deux mois. Le premier cas a eu lieu dans son cabinet de travail non loin de la maison père Oscar en diagonale de l’ISTM/Isiro où des inciviques avaient emporté le téléviseur de 32 pouces de la réception, des rideaux et un carton de verres après avoir cassé le mûr dans la nuit du 30 novembre au 1 er décembre 2025.

Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, tout en remerciant le ciel pour sa grâce, le praticien du droit interpelle les autorités civiles, policières, militaires et judiciaires à prendre au sérieux cette menace pesante sur son intégrité physique. Me Engassa recommande aussi aux acteurs de la société civile à mobiliser toutes les couches pour des actions concrètes telles que des journées villes mortes, avec une marche de protestation contre l’insécurité grandissante dans la ville d’Isiro et la province en général car martèle-t-il : «Ça doit changer, ça doit bouger, trop c’est trop» !

Avocat inscrit aux barreaux de la Tshopo depuis mars 2009 et du Haut-Uele à sa création en octobre 2018, regrette aussi que les avocats qui assistent parfois tout prévenu devant les instances judiciaires, y compris les criminels qui encourent parfois la peine de mort, et cela parfois pro Deo (pour l’amour de Dieu), ndlr: sans attendre un paiement d’honoraires, soient désormais la cible des criminels, et cela à répétition. «Cette situation doit interpeller les associations de la société civile, le corps des avocats y compris», lance-t-il.

Il importe de rappeler que les cas de banditisme urbain deviennent de plus en plus récurrents dans la ville d’Isiro, malgré les efforts des autorités à éradiquer la problématique. Le même week-end, cette fois, un opérateur économique a été la cible de ces porteurs d’armes dans le quartier Kinkole dans la commune de Mambaya.

Ces cambrioleurs estimés à environ 50 avaient investi le domicile de ce dernier vers minuit dans la nuit de samedi à dimanche 25 janvier, important une somme évaluée à 8000 dollars  américains et des francs congolais aux côtés de plusieurs autres bien de valeur, menaçant à mort leur proie avant de se volatiliser dans la nature. Ces cas en flagrance appellent à une restructuration approfondie de l’appareil sécuritaire et des actions judiciaires et sécuritaires drastiques combinées pour décourager cette pratique.

Joël Lembakasi