
Depuis plus de trois décennies, l’Est de la République démocratique du Congo est meurtri par des conflits armés récurrents. Ces violences ont causé des millions de morts, des déplacements massifs de populations, la destruction du tissu social et un traumatisme collectif profond. Aujourd’hui encore, la rébellion, notamment celle du M23, continue de faire peser une grave menace sur la paix, la souveraineté nationale et la dignité humaine.
Face à cette tragédie prolongée, le temps est venu de privilégier le dialogue entre Congolais, un dialogue sincère, inclusif et responsable, seul capable d’ouvrir la voie à une paix durable, estime Me Louison Mozenge Opetha Monga Maloba, avocat au barreau du Haut-Uele, enseignant à l’université de l’Uele et doctorant à la faculté de droit de l’Université de Kisangani.
Dans son discours plaidoyer en faveur de ce dialogue inclusif, ce citoyen congolais soumet un certain nombre de propositions qui reposent entre autres:
1. Sur le plan juridique :
«Restaurer l’État de droit
Excellence Monsieur le Président,
La Constitution de la RDC proclame la primauté de l’État de droit, la protection des droits humains et l’intégrité du territoire national. Les conflits armés, quels qu’en soient les motifs, violent ces principes fondamentaux. Cependant, le droit national et international reconnaît aussi que les conflits internes trouvent des solutions durables par des mécanismes politiques et juridiques, notamment le dialogue, la justice transitionnelle, la vérité et la réconciliation», fait-il observer.
En effet, souligne-t-il, un dialogue intercongolais ne signifie ni impunité ni renoncement à la justice. Il peut, au contraire, permettre la clarification des responsabilités,
la réparation des préjudices subis par les victimes, la réintégration encadrée de ceux qui déposent les armes,
et le renforcement des institutions judiciaires nationales. La paix et la justice ne sont pas opposées; elles se complètent.
2. Sur le plan politique suggère de privilégier la solution congolaise.
«Honorables acteurs politiques et belligérants, l’histoire de notre pays démontre que les solutions imposées par les armes ou dictées de l’extérieur sont fragiles. La crise actuelle appelle une solution congolaise, pensée par des Congolais, pour des Congolais. Le dialogue intercongolais doit être :
inclusif (État, groupes armés, opposition politique, société civile, confessions religieuses, femmes et jeunes), souverain, orienté vers les causes profondes du conflit : gouvernance, sécurité, exclusion, gestion des ressources et cohésion nationale», soutient-il.
En outre, M. Mozenge fait remarquer à ceux qui portent les armes, que les revendications politiques ne peuvent durablement s’imposer par la violence. Et à l’État, que l’autorité se renforce par l’écoute, la justice et la légitimité populaire.
3. Sur le plan social : Panser les blessures du peuple.
«Chers compatriotes,
Les premières victimes de cette guerre sont les civils : femmes violées, enfants enrôlés, familles déplacées, communautés divisées. Le conflit a brisé la confiance entre citoyens et fragilisé le vivre-ensemble. Un dialogue national est aussi un acte social et moral», monilise-t-il.
Par Me. Louison MOZENGE OPETHA MONGA MALOBA/Orientalinfo.net









